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Soutenir les Lycéens, Censures à Venir

Revendications lycéennes, DGSI et autres

Nos enfants doivent être protégés et accompagnés, mais ils sont souverains dans leurs demandes

La liste de dix revendications qui circule correspond à une plateforme de « dix mesures d'urgence pour la jeunesse ». Elle a été lancée le lundi 5 octobre par l'Union étudiante avec l'Union syndicale lycéenne (USL), et l'Unef, la Fage et Solidaires étudiant.e.s l'ont également signée. Ces organisations la présentent comme une base de discussion avec le gouvernement. letudiantletudiant

D'après la présentation qu'en fait L'Étudiant, les dix mesures sont les suivantes.

  1. Rénover le bâti scolaire. Les signataires demandent un plan d'urgence pour remettre en état les établissements scolaires et universitaires vétustes et insalubres, en les adaptant au réchauffement climatique : rafraîchissement contre les canicules, isolation et chauffage contre le froid, sanitaires en état de fonctionnement. 
  2. Recruter massivement des personnels. Ils réclament, pour chaque établissement, un infirmier, un psychologue et un conseiller d'orientation pour 500 élèves. Ils veulent des postes d'enseignants titulaires plutôt que contractuels, afin de réduire les inégalités entre établissements et de régler la question des remplacements, ainsi qu'un statut pour les AESH.
  3. Refondre les rythmes scolaires. Ils proposent de revenir sur la réforme du bac et du lycée, qui a supprimé les séries S, ES et L en 2019, et de garantir une pause méridienne d'au moins une heure et demie. 
  4. Créer 250 000 places dans l'enseignement supérieur et mettre fin à la sélection. Ils visent la fin de la sélection algorithmique sur Parcoursup et Mon Master grâce à 250 000 places supplémentaires dès septembre 2027, tout en conservant des plateformes nationales de candidature, mais sans sélection.
  5. Revaloriser les APL. Ils demandent d'abandonner le gel des APL, de les rétablir pour les étudiants étrangers et de renoncer au nouveau mode de calcul, qui priverait 147 000 étudiants de cette aide. letudiant
  6. Garantir le repas à 1 euro. Ils souhaitent que les Crous reçoivent les moyens de rendre ce repas accessible à tous. letudiant
  7. Supprimer « Bienvenue en France ». Ce dispositif impose des frais d'inscription différenciés aux étudiants extra-communautaires, et les signataires en demandent la suppression. 
  8. Revaloriser les bourses. Ils proposent une hausse de 200 euros, un versement sur douze mois et l'ouverture du système à 300 000 étudiants supplémentaires.
  9. Renforcer la démocratie lycéenne. Ils veulent davantage de sièges pour les lycéens dans les conseils d'administration, des scrutins de liste aux élections des CVL et des CAVL pour permettre une représentation syndicale, et un scrutin direct pour encourager la participation.
  10. Mettre fin à la répression. Ils demandent que les membres des forces de l'ordre coupables de violences soient poursuivis en justice, et que les absences liées à la mobilisation ne soient ni comptabilisées ni sanctionnées. 

On remarque que quatre de ces dix mesures (les numéros 5 à 8) concernent surtout la précarité étudiante plutôt que les lycéens eux-mêmes. C'est la conséquence du caractère commun de cette plateforme, portée à la fois par des organisations lycéennes et étudiantes.

D'autres acteurs du mouvement résument les revendications de manière plus resserrée. Pierre Sourzat, président de l'association Les Lycéens!, a ainsi cité sur RMC le recrutement d'enseignants, la baisse des effectifs par classe, un plan d'urgence pour le bâti scolaire, une réforme importante de Parcoursup et l'allègement de la charge scolaire.

Du côté du gouvernement, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé « cinq chantiers prioritaires », que l'Union étudiante a qualifiés d'annonces creuses destinées à calmer le mouvement. Il a également annoncé l'ouverture d'une plateforme de concertation pour recueillir les inquiétudes et les revendications des lycéens.

Ci Après Juan Branco s'adresse aux lycéens

 

CENSURE et PLATEFORMES

Il existe en France un débat réel et bien documenté  qui porte  sur la volonté de l'État d' obtenir, des portes dérobées d'accès,  dans les messageries chiffrées.

Un débat législatif en cours. L'article 16 bis du projet de loi résilience, ajouté au Sénat par Olivier Cadic, vise à interdire les « portes dérobées », c'est-à-dire des accès secrets intégrés volontairement dans les messageries chiffrées comme WhatsApp, Signal ou Telegram pour permettre à un service d'enquête ou de renseignement de lire les échanges. Ce texte doit être examiné à l'Assemblée nationale à partir du 7 octobre.

Une demande des services, et non un aveu. Selon franceinfo, la DGSI mène un lobbying intense en faveur de la technique dite de l'« utilisateur fantôme », et sa directrice générale, Céline Berthon, s'est rendue en personne à l'Assemblée nationale pour rencontrer des députés. Intelligence Online rapporte également que, devant les députés, les services ont vivement combattu cette disposition. Une responsable de haut niveau du ministère de l'Intérieur s'est donc bien exprimée devant des parlementaires sur ce sujet. Mais il s'agissait de défendre la possibilité d'accéder à des contenus chiffrés à l'avenir, et non d'admettre que de tels accès existent déjà sur les réseaux sociaux. 

Un précédent en 2025. L'ancien ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, avait déjà tenté d'ouvrir une brèche dans le chiffrement lors de l'examen de la loi narcotrafic. Dans les débats parlementaires, certains parlaient alors de « porte dérobée », d'autres de « participants fantômes ».

Une distinction technique mérite d'être rappelée. Les autorités françaises disposent déjà de voies légales pour obtenir des données auprès des plateformes : réquisitions judiciaires, techniques de renseignement encadrées par le Code de la sécurité intérieure et contrôlées par la CNCTR, coopération internationale. Ces procédures ne constituent pas des portes dérobées au sens technique, c'est-à-dire un accès dissimulé intégré au logiciel.

Marcel Bariou

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